La nouvelle bataille énergétique mondiale ouvre une opportunité inattendue pour l’Afrique. Alors que les tensions géopolitiques perturbent les marchés internationaux, les grandes puissances cherchent des fournisseurs capables de garantir des approvisionnements fiables en pétrole, en gaz et en électricité.
Le Nigeria se trouve au cœur de cette nouvelle dynamique. Lors de sa récente visite à Abuja, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a estimé que le pays pourrait doubler ses investissements énergétiques au cours des cinq prochaines années. Il considère que les ressources pétrolières, gazières et renouvLa nouvelle bataille énergétique mondiale ouvre une opportunité inattendue pour l’Afrique. Alors que les tensions géopolitiques perturbent les marchés internationaux, les grandes puissances cherchent des fournisseurs capables de garantir des approvisionnements fiables en pétrole, en gaz et en électricité.elables du Nigeria peuvent attirer davantage de capitaux internationaux.
Cette perspective intervient alors que le Nigeria ambitionne de porter sa production pétrolière à environ trois millions de barils par jour d’ici 2030. Le pays veut également améliorer ses infrastructures, renforcer sa sécurité et développer davantage son secteur gazier et ses énergies renouvelables.
Un autre projet illustre l’ampleur des ambitions africaines. Le groupe Dangote prépare une introduction en Bourse historique pour sa raffinerie nigériane. L’opération pourrait permettre de lever environ 1,6 milliard de dollars. Ces ressources doivent notamment contribuer à l’expansion de la raffinerie et au développement de nouvelles infrastructures énergétiques en Afrique.
Le projet dépasse donc les frontières du Nigeria. Aliko Dangote prévoit également une raffinerie au Kenya. Le projet représente entre 15 et 16 milliards de dollars et devrait atteindre une capacité de 700 000 barils par jour. Son financement et son approvisionnement en pétrole brut restent cependant des défis importants.
Cette dynamique intervient dans un contexte international particulièrement favorable aux producteurs africains. Les tensions au Moyen-Orient ont récemment poussé le prix du Brent vers les 100 dollars le baril. Les risques pesant sur les routes maritimes et les approvisionnements renforcent l’importance des producteurs capables de garantir une offre stable.
L’Afrique dispose donc d’une occasion stratégique. Mais elle doit éviter de reproduire le modèle qui consiste à exporter des matières premières sans développer suffisamment les capacités locales. Le véritable enjeu est de transformer les ressources énergétiques en industrie. Le pétrole doit financer des infrastructures. Le gaz doit soutenir la production d’électricité. Les revenus énergétiques doivent contribuer au développement des transports et des industries. Les énergies renouvelables doivent également permettre d’élargir l’accès à l’électricité.
Cette transformation est urgente. Le continent reçoit encore une part très faible des investissements énergétiques mondiaux malgré le poids de sa population et l’importance de ses besoins. L’Afrique doit donc négocier sa place dans la nouvelle économie énergétique mondiale. Elle possède les ressources. Elle doit maintenant construire les infrastructures, mobiliser les capitaux et développer les compétences nécessaires pour les valoriser.
La prochaine bataille énergétique ne se jouera pas seulement autour du pétrole. Elle se jouera autour de la capacité à produire, transformer et distribuer l’énergie. L’Afrique possède les cartes. Reste à savoir si elle saura les jouer.

