Paramanga Ernest Yonli

L’élection de S.E.M. Barack Obama à la présidence des États-Unis d’Amérique constitue un événement historique»

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Paramanga Ernest Yonli,, ancien Premier ministre du Burkina Faso et ambassadeur de son pays aux États-Unis

Ambassadeur du Burkina Faso aux USA

SEM Ernest Yonli, ancien Premier ministre du Burkina Faso et ambassadeur de son pays aux États-Unis est de la catégorie des cadres burkinabé qui bénéficient de la confiance du président Blaise Compaoré et qui ont su mériter cette confiance par leur loyauté, leur compétence et leur engagement. Témoin direct de l’Histoire, il se prononce sur l’élection de Barack Obama.

Diplomat investissement: Excellence, sur le plan personnel et aussi face à votre fonction, que représente pour vous la présidence de Barack Obama ?

Paramanga Ernest Yonli: L’élection de S.E. Monsieur Barack Obama à la présidence des ÉtatsUnis d’Amérique constitue un événement historique et illustre la grandeur de la démocratie américaine. Elle suscite beaucoup d’espoir aux États-Unis et a été saluée par tous les pays. Pour nous, il s’agira d’œuvrer avec la nouvelle administration américaine au renforcement des liens d’amitié et de coopération qui existent entre nos deux pays.

Quelles sont vos attentes, notamment dans les domaines du commerce et de la coopération, face à la nouvelle administration

L’Amérique détient un poids important dans les décisions touchant l’économie et le commerce. Le Président Barack OBAMA dans une de ses déclarations a lui-même reconnu ce poids en ces termes: « Un monde qui dépend de la force de notre économie est maintenant en attente et en observation pour que l’Amérique prenne de nouveau le leadership et c’est ce que nous allons faire ».

L’Afrique continue à détenir une part minime dans le commerce mondial pour plusieurs raisons entre autres, la faiblesse ou l’inexistence des infrastructures commerciales et économiques. Nous attendons de la nouvelle administration la consolidation, le renforcement de certains outils déjà mis en place pour aider l’Afrique à développer ses échanges commerciaux avec le reste du monde et avec les ÉtatsUnis en particulier.

Notre souhait est que l’Administration OBAMA renforce la Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique ( AGOA). A cet effet, le vœu est de voir les États-Unis investir dans des secteurs autres que le pétrole et les minerais pour parvenir à une diversification des exportations et inclure les pays non producteurs de pétrole tels que le Burkina Faso, le Mali et le Niger dans ses choix stratégiques. La poursuite du Millemium Challenge Account en faveur de nos pays constituera un atout dans la lutte contre la pauvreté et la création de richesses. Ce programme permet à nos pays d’identifier nos principales contraintes et de nous doter d’infrastructures adaptées à la promotion commerciale. La mise en œuvre du programme « Aid for Trade« ` a suscité un espoir par le fait que ce programme s’oriente vers le renforcement des capacités des entreprises exportatrices et cible particulièrement les contraintes liées au financement des infrastructures et à l’offre.

Les États Unis disposent d’un secteur privé aguéri aux techniques et pratiques commerciales les plus adéquates et je crois qu’une mise en relation d’affaires entre les investisseurs américains et les entreprises en Afrique pourrait constituer une opportunité d’accès pour l’Afrique sur le vaste mais exigeant marché américain. La poursuite des initiatives présidentielles et leur extension à des pays comme le Burkina Faso est vivement attendue. Il s’agit d’un Plan d’urgence du président pour la lutte contre le SIDA, initiative du Président contre le paludisme, Initiative pour la compétitivité globale en Afrique, initiative de l’Éducation pour l’Afrique, initiative pour mettre fin à la faim en Afrique. Ces initiatives ont pour objectifs de contribuer au développement économique et social du continent.

Sur le plan global, les négociations sur les questions agricoles continuent de piétiner et cela défavorise énormément nos pays, particulièrement la question sur le coton. Le coton étant le premier produit d’exportation du Burkina Faso, l’absence de solution aux questions des subventions et les fluctuations de prix, grèvent les recettes d’exportations de nos pays. C’est pourquoi, nous serons heureux de voir l’Administration Américaine décidée à parvenir à un accord sur les questions agricoles afin de permettre à des pays comme le mien d’exploiter toutes les potentialités liées à ce secteur.

Quel diagnostic faites-vous actuellement de la coopération entre votre pays et les États-Unis? L’état actuel de la coopération entre les États-Unis d’Amérique et le Burkina Faso est excellent. Plusieurs domaines sont concernés par cette coopération notamment, l’éducation, la santé, la bonne gouvernance politique et économique, la réalisation de micro projets, le commerce. SEM Ernest Yonli, ancien Premier ministre du Burkina Faso et ambassadeur de son pays aux États-Unis est de la catégorie des cadres burkinabé qui bénéficient de la confiance du président Blaise Compaoré et qui ont su mériter cette confiance par leur loyauté, leur compétence et leur engagement.

À la faveur de l’adoption du cadre stratégique de lutte contre la pauvreté au Burkina Faso, qui s’inscrit en droite ligne des objectifs du Millénaire pour le Développement, la coopération entre nos deux pays a connu un nouvel élan. Ainsi, Les États-Unis d’Amérique appuient le processus de décentralisation en cours au Burkina lequel vise à impliquer les populations rurales dans les prises de décisions les concernant. En 2004, le Burkina a été admis à l’ ’’African Growth and Opportunities Act (AGOA)‘’, lequel vise à stimuler les relations commerciales et d’affaires. Plus récemment, en 2005, le Burkina a été admis au Millenium Challenge Account ( MCA) qui est un programme du Gouvernement américain qui vise à octroyer un appui financier de plus de 480 millions de $US à notre pays en vue de réaliser des projets dans les secteurs prioritaires de l’éducation, de l’agriculture et des infrastructures routières au profit des populations rurales. La mise en œuvre de cet accord constitue un élargissement et un approfondissement du champ de notre coopération bilatérale.

Du reste, la visite de travail effectuée par le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE aux États-Unis d’Amérique, du 14 au 16 juillet 2008, a été l’occasion pour les Autorités des deux pays de procéder à la signature de la convention relative au Millenium Challenge Corporation. Cette visite a constitué un symbole fort de l’exemplaire coopération que les deux pays bâtissent chaque jour.

On parle beaucoup du retour à un multilatéralisme dans la diplomatie américaine. Pensez-vous que la nouvelle administration sera plus attentive aux préoccupations de votre pays ?

Le Président OBAMA se déclare favorable à un retour au multilatéralisme pour gérer les grands dossiers de la planète. Il a également déclaré que son pays allait renouer d’anciennes alliances et créer des partenariats durables. Le Président a en outre fait part de son intention de dialoguer avec l’Iran aux côtés de l’Union Européenne qui depuis plusieurs années mène les négociations sur la question nucléaire. Des questions importantes comme la lutte contre le réchauffement climatique, la crise économique actuelle feront sans doute l’objet d’échanges ou de recherche d’accords au sein de foras internationaux. S’agissant de mon pays, notre ambition est d’ouvrer pour raffermir les relations d’amitié et de coopération qui existent entre nos deux pays. Nous demeurons optimistes sur les perspectives de notre coopération.

Je crois que la nouvelle administration sera attentive aux préoccupations du Burkina en particulier et de l’Afrique en général. Enfin, de votre point de vu, quel sera l’impact de la crise financière sur les relations internationales en 2009 ? La crise financière pourrait avoir des conséquences multiples sur les relations internationales en 2009. Les rythmes de croissance de nombreux pays souffriront certainement des effets cumulés de la raréfaction des crédits au développement, de la baisse des exportations, du fléchissement des investissements étrangers, de la baisse de l’aide publique au développement par exemple. En revanche, cette crise créée une opportunité pour débattre des dysfonctionnements des systèmes de régulation des relations économiques internationales et des déviations qui affectent la gouvernance mondiale dans ses aspects économiques et financiers.

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