PLAIDOYER POUR UN FONDS D’INVESTISSEMENT FRANCOPHONE

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SEM Philèmon Yang, Haut commissaire du Cameroun au Canada et Doyen du Corps diplomatique

Par Philèmon Yang*

La Francophonie été créée dans le but deproumouvoir et réaliser certains objectifs : politiques, économiques, culturels sans oublier la deémocratisation, la bonne gouvernence, le développement durable, la globalisation et la coopération internationale. La Francophonie a connu une évolution certaine, passant d’une organisation culturelle à une internationale, à caractère politique. Elle doit certainement contimuer à proumouvoir le développement politique, culturel et économique des États membres, car le progrès culturel et politique est
nécessaire au progrès économique. Cependant, le sous-développement peut, à la longue, perturber la vie de toute une nation et causer la chute de l’État tout entier en le rendant ingouverable. Il va sans dire qu’une telle situation ne peut qu’engendrer anarchie, misère et souffrance. Il serait souhaitable de supporter, d’encourager des initiatives de développemeit au sein même des États membres de la Francophonie.

Cette idée peut prendre plusieurs formes comme la création d’un Fonds Spécial d’Investissenient. Le sucèes de la Prancophonie aux points de vue culturel et politique est evident et louable, ce qui encourageet attire les regards sur nos pays émergents.
Chaque Sommet fait avancer l’organisation en corrigeant les erreurs du passé et en explorant de nouvelles avenues. Il ne serait pas faux de dire que dans la Francophonie, le succès engendre le succès. C’est ainsi qu’il serait bon de voir la Francophonie établir des stratégies qui puissent entraîner le développement économique dans les États membres, tant il est vrai qu’il existe des liens entre les progrès économique, culturel et le politique.

Les pays pauvres de la Francophonie font des progrès culturels et politiques. Cependant, ils éprouvent d’énormes difficultés à assurer un développement économique viable sans lequel a croissance économique, la démocratisation, la libéralisation ou la bonne gouvernance seront sérieusement menacées.
Dans la plupart des cas, les pays en développement tentent toutes sortes d’expériences pour résoudre les problèmes liés au progrès. Ils cherchent à obtenir de l’aide, à attirer les investissements, à stimuler les investissements locaux, à créer la richesse, à développer une culture des affaires, à fonder des institutions commerciales qui fonctionnent selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Malgré les efforts que ces pays font pour s’en sortir, on peut dire que la Francophonie a un grand défi à affronter : la survie économique des États membres en voie de développement. L’OMC doit examiner sérieusement cette question et avoir une réelle volonté politique pour y faire face.

L’aide est en déclin : dans les années 60 et 70, cette forme d’aide semblait être la clé magique qui devrait ouvrir toutes grandes les portes du succès et du progrès. Malheureusement, ni les donateurs ni les receveurs ne purent atteindre les résultats escomptés. Dans les pays développés, les contribuables et les observateurs politiques sont déçus de constater l’incapacité de leur pays à hisser le niveau de développement conformément à leurs atteintes. Il est important que la gestion de l’aide tant dans les pays développés que dans les PVD soit réé-valuée, réadaptée et améliorée afin d’augmenter son efficacité. Dans les pays pauvres, il est difficile de stimuler les investissements locaux. Cela est dû pour ainsi dire, à la faiblesse des institutions financières qui se trouvent encore au stade de l’enfance. Les économies des PVD se retrouvent ainsi dans un cercle vicieux. Les investisseurs hésitent à s’engager dans les marchés à risque des pays du Sud. Dans ce contexte, ces pays doivent faire tout pour convaincre ces bailleurs de fonds à changer d’idée.


Il existe plusieurs moyens susceptibles de combler le manque d’investissements dans les jeunes pays à économie fragile. Parmi ces moyens, il y a la possibilité de créer un Fonds d’investissement de la Francophonie. Ce fonds pourrait ouvrir la voie de l’instauration d’une diplomatie axée sur l’économie et qui servirait les intérêts des membres les moins fortunés. Si les pays francophones sont économiquement forts, il va y avoir indéniablement un changement dans la façon d’appréhender la diplomatie qui va au-delà des aspects politiques.

Aujourd’hui plus que jamais, la Francophonie a le droit et la légitimité nécessaires à concevoir, élaborer et mettre en marche cette nouvelle forme de diplomatie dans laquelle interagissent et s’enrichissent tous les aspects du développement. Ce fonds ouvrira un nouveau chapitre de la vie de l’Organisation. Il sera en mesure d’étudier et de résoudre certains problèmes spécifiques que les institutions comme la Banque mondiale et le FMI n’ont pas été capables de résoudre adéquatement. En général, ce Fonds pourrait être utilisé pour financer une partie ou tout des objectifs du millénaire : éradiquer l’extrême pauvreté et la famine; garantir une éducation fondamentale générale, promouvoir l’égalité des sexes ; réduire la mortalité infantile ; améliorer la santé des femmes enceintes ; combattre le SIDA et les autres maladies contagieuses ; protéger l’environnement…

Le rapport annuel de l’ONU publié en août dernier conclut que ces objectifs devraient être atteints pour l’an 2015 si tous les pays s’acquittent convenablement de leurs responsabilités et jouent pleinement leur rôle. Le Fonds pourrait financer par exemple les infrastructures, les centres d’excellence, la recherche, les projets conjoints entre les universités, les stratégies de création de la richesse, la promotion de la culture des affaires, le processus d’intégration au marché du libre-échange selon les règles de l’OMC.
Certains pays membres de la Francophonie manquent d’infrastructures de première nécessité pour produire de l’eau potable, de l’électricité ou des chemins de fer. Dans certains cas, ces infrastructures serviraient aux pays voisins.


Finalement, ce Fonds ira au développement rural, à la formation de la culture d’entrepreneur, et ce, toujours dans le but de réduire la pauvreté. L’une des fonctions de tout État moderne est de maintenir un climat dans lequel tous les acteurs de l’économie puissent travailler à créer et à distribuer la richesse. En facilitant l’accès à l’investissement, ce Fonds pourra permettre la création de la richesse, l’expansion économique et la création d’emplois. En procurant de l’investissement, le Fonds pourrait engendrer l’accroissement de la productivité des biens et des services. La conséquence serait la libre circulation des biens et des services. Tous les États pourraient pratiquer le libre-échange. Son accroissement va stimuler les investissements, récompenser les meilleurs entrepreneurs, garantir l’expansion  économique, et créer des emplois et contribuer au développement. Le Fonds recevra de l’argent des pays mem-bres, de corporations, des fondations et des individus. Les projets qui pourraient être financés par le Fonds seraient soigneusement étudiés, analysés et soumis à l’approbation du secrétariat général de la Francophonie. La gestion sera non bureaucratique mais efficace. Le Fonds d’investissement de la Francophonie pourrait relayer certains projets qui sont déjà gérés par l’organisation. Le fonctionnement du Fonds pourrait profiter de l’expérience déjà accumulée par l’organisation. Finalement, le Fonds pourrait apporter une contribution significative au développement politique, culturel et économique des pays membres de l’Organisation. Il n’y aura pas de perdants. Tous les États membres seront gag-nants.

(*) SEM Philèmon Yang, Haut commissaire du Cameroun au Canada et Doyen du Corps diplomatique.

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