Dans un contexte de relance des initiatives diplomatiques sous l’égide des Nations unies et des États-Unis, l’Algérie a officiellement clarifié sa position sur le dossier du Sahara occidental. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, le gouvernement algérien a réaffirmé ses principes fondamentaux, marquant sa volonté de ne pas céder aux pressions extérieures qui tentent d’imposer une issue unilatérale au conflit.
Les trois piliers de la doctrine algérienne
Face aux émissaires internationaux, notamment le conseiller de la Maison Blanche Massad Boulos, Alger a posé trois conditions strictes pour le règlement de ce différend vieux de cinquante ans :
- Un dialogue direct : L’Algérie exige que les négociations se déroulent exclusivement et directement entre le Maroc et le Front Polisario, qu’elle considère comme le seul représentant légitime du peuple sahraoui.
- Le statut d’observateur : Le gouvernement algérien refuse catégoriquement d’être qualifié de « partie prenante » au conflit. Alger rappelle que son rôle se limite à celui de pays voisin et d’observateur, une position identique à celle de la Mauritanie.
- L’autodétermination non négociable : L’Algérie rejette l’idée que le plan d’autonomie proposé par le Maroc soit la seule base de discussion. Elle continue de défendre la tenue d’un référendum d’autodétermination pour les Sahraouis.
Un bras de fer diplomatique avec Washington et Rabat
Cette mise au point intervient alors que la diplomatie américaine accentue sa pression sur la région pour débloquer l’impasse. Washington cherche à stabiliser la zone, mais se heurte à la rigidité des positions locales.
Pour l’Algérie, cette clarification est aussi une réponse directe aux récents succès diplomatiques du Maroc, qui a obtenu le ralliement de plusieurs puissances occidentales à son plan d’autonomie. En réaffirmant sa position, Alger tente de briser la dynamique marocaine et de replacer le droit international au centre du débat.
Une région durablement fracturée
Le succès de cette nouvelle offensive diplomatique américaine reste hautement incertain. Les discussions actuelles se déroulent dans un climat de guerre froide régionale : l’Algérie et le Maroc ont rompu toutes leurs relations diplomatiques depuis 2021 et leurs frontières terrestres demeurent hermétiquement fermées.
En fixant ses lignes rouges de manière aussi rigide, l’Algérie envoie un message clair à la communauté internationale : aucun règlement ne pourra se faire sans respecter les résolutions de l’ONU, et encore moins au détriment des aspirations à l’indépendance du Front Polisario.



