TÉHÉRAN : LES FUNÉRAILLES D’ALI KHAMENEI S’OUVRENT SUR FOND DE DÉMONSTRATION DE FORCE

Quatre mois après l’attaque qui a coûté la vie au Guide suprême iranien, Téhéran entame ce week-end des obsèques historiques. Entre deuil national et message de résilience géopolitique, le régime orchestre un événement de masse sous haute sécurité.

Un deuil national reporté par la guerre

L’ayatollah Ali Khamenei est mort le 28 février dernier à l’âge de 86 ans, tué lors de frappes aériennes israélo-américaines sur sa résidence de Téhéran. Initialement prévues en mars, ses funérailles ont été repoussées de 126 jours en raison du conflit ouvert qui a embrasé la région. C’est à la faveur d’un fragile cessez-le-feu récemment conclu avec Washington que ces commémorations peuvent enfin s’ouvrir.

Dans l’enceinte de la Grande Mosalla de Téhéran, le cercueil du Guide suprême est entouré de ceux des membres de sa famille tués lors de la même attaque, notamment sa fille, son gendre, sa belle-fille et sa petite-fille.

Téhéran transformée en ville-forteresse

Le pouvoir iranien a déployé des moyens logistiques et sécuritaires exceptionnels pour ce qui s’annonce comme l’un des plus grands rassemblements de l’histoire du pays :

  • Affluence : Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de personnes dans la capitale.
  • Logistique : Trois jours fériés ont été décrétés (du 4 au 6 juillet), les transports en commun sont réquisitionnés et l’espace aérien est partiellement restreint.
  • Symbolique : Le complexe religieux de la Mosalla est drapé de noir pour le deuil, mais aussi de rouge, couleur symbolisant le martyre et l’appel à la vengeance.

Une tribune politique et diplomatique

Ces funérailles servent de vitrine pour afficher la continuité et la solidité de la République islamique face à ses adversaires :

  • Présence internationale : Une trentaine de délégations étrangères sont présentes. Parmi les officiels figurent l’ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Aucun représentant européen n’a été invité.
  • Première sortie militaire : Signe d’une reprise de contrôle progressive, le chef des Gardiens de la Révolution, Ahmad Vahidi, a fait sa première apparition publique depuis le début de la guerre pour se recueillir devant la dépouille.
  • L’inconnue de la succession : Mojtaba Khamenei, fils du défunt et désigné début mars comme le nouveau Guide suprême, demeure invisible. Blessé lors de la frappe qui a tué son père, son apparition physique durant le week-end reste très incertaine.

Un long périple jusqu’à l’inhumation

Les cérémonies à Téhéran ne constituent que la première étape d’un long parcours hautement symbolique à travers le monde chiite. Après lundi, le cortège funéraire prendra la direction de la ville sainte de Qom en Iran, avant de traverser la frontière irakienne pour rejoindre les lieux saints de Najaf et de Karbala. L’inhumation finale de l’ayatollah Ali Khamenei aura lieu le 9 juillet à Mashhad, sa ville natale.

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