Constant HORACEAMBASSADEUR DE MADAGASCAR AU CANADA FAIT APPEL AU SECTEUR PRIVÉ CANADIEN

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SEM Constant HORACE, Ambassadeur malgache au Canada…

Par Ousmane Sow

Au pays de la vanille et de la verdure, les autorités entendent changer de cap en mettant l’accent sur l’investissement et le développement des secteurs porteurs. Entretien avec l’ambassadeur malgache au Canada…

Magazine Diplomat investissement : Excellence, quel bilan faites-vous de la coopération et plus précisément des relations commerciales entre le Canada et Madagascar ? et comment entrevoyez-vous l’évolution de ces relations ?

SEM Constant HORACE : Les relations commerciales entre le Canada et Madagascar sont encore qualifiées de modestes en termes de volume, mais elles ne demandent qu’à être exploitées vu l’énorme potentialité offerte de part et d’autre. Il y a des signes qui ne trompent pas. Le Canada est devenu un des principaux partenaires de Madagascar en termes d’Investissement direct étranger et, avec un stock d’IDE de 38 %, devance la France (24 %) et l’île Maurice (10,7 %). La position du Canada s’explique par l’importance de son investissement dans la branche des activités extractives avec notamment QMM et Sherritt International. Les relations commerciales entre Madagascar et le Canada ont été initiées en 1968.

Elles ont été un peu mises en veilleuse jusqu’ en 2003, moment où le Canada a accordé un accès hors quota et en franchise de droits à la plupart des importations en provenance de Madagascar. Depuis lors, des efforts ont été entrepris pour redynamiser les échanges entre les deux pays et les contacts entre les opérateurs, privés et/ou publics, des deux pays se sont multipliés. A titre d’exemple, la tenue en automne 2007 des « Journées Madagascar » pour sensibiliser les opérateurs canadiens sur les potentialités économiques de Madagascar, suivi en février 2008 de la mission de prospection d’une délégation d’opérateurs canadiens membres du Conseil Canadien pour l’Afrique à Antananarivo. Je citerais également les missions commerciales et institutionnelles organisées en collaboration avec le Forum francophone des Affaires avant 2005 ainsi que les Protocoles d’accords entre Chambres de Commerce.

Le Canada et le Québec organisent actuellement le XIIe Sommet de la Francophonie. Pourriez-vous dire ce que l’Ambassade de Madagascar attend de cet événement ?

Madagascar est intimement lié à la Francophonie. Deux événements majeurs de l’histoire de l’Organisation au moins l’attestent. Tout d’abord, c’est à Madagascar que le Président Senghor a proposé le projet de communauté francophone en 1966. Ensuite, la nouvelle Charte de la Francophonie a été adoptée à Antananarivo en 2005 d’où la Charte d’Antananarivo.

Nous attendons notamment du XIIe Sommet de la Francophonie, davantage de contribution et d’engagement à la valorisation des richesses humaines, économiques, culturelles et environnementales de chaque pays membre. Madagascar souhaite plus de solidarité et continue à encourager le Secrétaire général de notre organisation pour ses efforts destinés à faire de la Francophonie une force de réaction encore plus déterminante au sein du concert des Nations. Nous voulons participer pleinement à ces efforts. C’est pourquoi mon pays est prêt à accueillir le XIIIe Sommet des Chefs d’États et de Gouvernements des pays ayant le français en partage en 2010. Nous sommes officiellement candidats pour être l’hôte de ce rendez-vous très important de la grande Famille francophone.

Quelle est la stratégie que vous préconisez pour attirer les entreprises canadiennes à s’intéresser à Madagascar ? Il

 s’agit pour nous de renforcer le climat de confiance qui s’est instauré entre les investisseurs et Madagascar. Cette consolidation trouve sa source dans la mise en place et la concrétisation de notre programme de développement, le Plan d’Action pour Madagascar ou MAP lequel définit des objectifs clairs et précis pour 2007-2012. Le volet facilitation et promotion des investissements constitue l’une des ossatures de ce programme. C’est la raison d’être du Conseil Économique pour le Développement de Madagascar (EDBM). L’EDBM a la charge entre autres de con struire l’image de Madagascar, de la faire connaître et la reconnaître comme destination aux investissements, d’instaurer un cadre incitatif à la réalisation d’investissements privés nationaux et/ou étrangers à Madagascar, de simplifier les procédures administratives afin de transformer le climat d’affaires à Madagascar et de faciliter l’accès foncier aux sociétés contrôlées par des étrangers. Dans cette perspective, l’Ambassade joue un rôle très actif en initiant les échanges entre les deux pays et/ou en participant aux rencontres destinées à informer et sensibiliser sur les potentialités de notre pays.

Par ailleurs, il me fait plaisir d’annoncer que Madagascar et le Canada sont en pleine finalisation des négociations portant sur deux importants accords : l’accord sur la promotion et la protection des investissements économiques et l’Accord de non double imposition. Les entreprises des pays francophones éprouvent énormément de difficultés pour mobiliser du financement.

Croyezvous que la mise en place d’un Fonds d’investissements peut apporter une contribution significative au développement économique des pays membres ?

L’idée d’une mise en place d’un Fonds d’investissements pour les entreprises francophones est issue des recommandations de la Rencontre internationale de la Francophonie économique (RIFE), qui a eu lieu à Québec en mai de cette année. Tous les participants à la RIFE sont tombés d’accord sur la nécessité de la mise en place de ce Fonds et personnellement, je suis convaincu de son utilité pour redynamiser les entreprises des pays francophones. Par contre, il faudra déterminer les modalités de son utilisation pour qu’il soit effectivement un instrument au service de chaque entreprise francophone.

Biographie

Constant HORACE officie en tant qu’ambassadeur de Madagascar au Canada depuis juin 2006. De 1997 jusqu’en janvier 2003, il a été ministre du Développement du Secteur privé et de la Privatisation et a assumé la fonction de gouverneur suppléant auprès du Groupe Banque mondiale. Son expérience avec la Banque mondiale remonte à 1995, quand il a été nommé Expert financier auprès de la Commission indépendante pour la Privatisation (CIP). Il a aussi été membre de la Commission de Supervision bancaire et financière de 1996 à 1997. Il est membre de l’Ordre des Experts comptables et financiers de Madagascar depuis 1996, il a été élu Vice-président du Conseil Supérieur de la Comptabilité en 2005. En 1994, il a fondé son propre cabinet CONCEPT GESTION dont il est le Directeur. Il a également été Professeur titulaire et animateur de séminaires à l’INSCAE (Institut national des Sciences Comptables, à Antananarivo, Madagascar) de 1987 à 2006. De 1979 en 1984, il a dirigé le Département administratif et financier de la SOLIMA, la Société pétrolière nationale de Madagascar. L’ambassadeur est titulaire du Diplôme en sciences comptables, délivré par l’université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) du Canada en 1987. Il a également une Maîtrise es Sciences Gestion délivrée par l’université de Madagascar, EESDEGS) en 1978. L’ambassadeur Constant HORACE a 53 ans, est marié à Aimée Masizara HORACE et ils ont trois enfants.

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